Bofflens

Commune de Bofflens

  • banner-1
  • bofflens1
  • bofflens10
  • bofflens2
  • bofflens3
  • bofflens4
  • bofflens5
  • bofflens9

Billet du syndic

Discours du 1er août 2014

Chères habitantes, chers habitants de Bofflens, chers toutes et tous qui venez d’ailleurs et êtes nos invités ce soir,

Au nom de la Municipalité, je vous souhaite une cordiale bienvenue à ce traditionnel repas du 1er août, préparé et servi, toujours selon la tradition, par nos chères Paysannes vaudoises. Je les en remercie chaleureusement, de même que la Jeunesse qui a organisé les agapes de l'après-midi. Son Président Bastien Brandt vous a communiqué auparavant les résultats du concours de pétanque, un concours de portée internationale, osons le mot, certains compétiteurs venant de villages éloignés de plusieurs kilomètres !

C'est agréable de se retrouver à nouveau parmi vous, pour ce nouvel évènement festif. Et pourtant, ça ne fait pas si longtemps que nous nous sommes réunis dans cette salle du battoir. Cela fait chaud au coeur de vous savoir fidèles à ces quelques rendez-vous annuels, des rendez-vous qui peuvent paraître légers ou futiles à certains, mais qui sont si importants pour construire et faire vivre notre communauté. Bravo à vous d'être là et de vous engager pour cette communauté, et tant pis pour ceux qui choisissent de ne participer à rien.

Lors de la préparation de la fête des 100 ans de l'église, j'ai reçu quelques magnifiques photographies anciennes, datant de la fin du 19e – début du 20e siècle. Je vous en ai fait quelques photocopies, que vous trouverez sur vos tables. On y reconnait le Régent Ernest Guignard, avec sa belle moustache, le collège et les noyers de la place de Chaumy, on y devine même le battoir où nous nous trouvons à présent en arrière-plan. Mais avant tout cela, on y voit des visages. Des adolescents, des enfants, avec des habits d'un autre temps, mais un certain air de ressemblance avec des personnes présentes dans cette salle. Un grand merci d'avance à vous qui reconnaitrez les personnes sur ces photographies de me le faire savoir, en indiquant leur nom directement sur les photocopies. Je souhaite ensuite mettre ces images, avec leur légende, sur le site internet de la Commune.

Dans ce Bofflens d'autrefois, les routes n'étaient pas goudronnées, les chars étaient tirés par des chevaux et avaient des roues en bois, les enfants et adolescents des photos étaient tous ou presque fils ou fille de paysans, et avaient pris la pose assis dans la paille devant deux belles portes de grange. Tous probablement ont disparu ou seraient aujourd'hui largement centenaires. Dans le Bofflens d'aujourd'hui, il y a des gens qui ne ressemblent pas aux enfants et adolescents de ces photographies. Ces gens ou leurs parents ont débarqué là, un jour, suivant les hasards de l'existence. Certains y ont fondé des familles et leurs enfants prennent les mêmes bus scolaires que les descendants des personnages des photographies.

Je ne ressemble pas à ces enfants des photographies, mais je suis moi aussi arrière-arrière-arrière petit fils de paysan, d'un paysan breton, dont la famille a un jour quitté la Bretagne pour Paris, pour échapper à la famine. Ayant commencé l'école en France, j'ai ensuite quitté Paris pour me retrouver à Porrentruy dans le Canton du Jura. Puis j'ai vécu à Lausanne, et dans quelques villages du Nord vaudois, avant de m'installer à Bofflens avec mon épouse dans la maison de sa famille, des gens qu'on reconnait sur ces photographies. Mes enfants sont nés dans ce village et sont le mélange de ces racines profondes et de mes radicelles semées un peu partout dans le monde. Je suis heureux pour eux qu'ils aient ainsi le choix, un jour, de s'enraciner dans la terre de Bofflens ou de s'envoler ailleurs dans le monde.

Cette diversité des racines fait la richesse de notre communauté. Nos préoccupations ne sont plus uniquement celles d'un village d'agriculteurs. Notre village accueille désormais des artisans, des salariés travaillant en ville, des étrangers, des gens avec des revenus très modestes et d'autres dont la situation est plus enviable. Tous sont citoyens de ce village, tous construisent cette communauté et tous ont des préoccupations qui méritent d'être entendues. Je suis heureux que cette fête nationale me permette de leur rendre cet hommage.

Il est temps de conclure. Il y a une règle à laquelle on ne déroge pas dans un discours vaudois, c'est le mot de fin. Le voici donc : santé !